Sur l’escalier roulant

C’est la deuxième fois que nous descendons cet escalator. Nous n’avons pas trouvé la caisse pour payer le stationnement après notre première descente alors nous avons tenté, sans succès, notre chance en remontant. Je viens dans ce parking presque toutes les semaines mais à l’heure où je m’y parque d’habitude, il y a seulement des places au troisième sous-sol. Ce soir, c’était différent et les caisses du premier ne sont pas situées au même endroit.

Nous avons passé une excellente soirée. Venir à Lausanne le soir, c’est très différent de la journée. Ça fait longtemps que je n’étais pas sortie prendre un verre. Puis nous avons mangé dans un tout petit restaurant asiatique et le bo-bun m’a bien plu. J’aurais bien poursuivi dans un autre bar, mais je n’étais pas sûre que lui aussi, je suis fatiguée et j’ai de la route pour rentrer. Je m’en veux un peu de lui avoir dit qu’il est froid comme un glaçon. C’était pourtant bien agréable de discuter, de lui, de moi, de la vie, hors du cadre de ce cours où nous nous sommes rencontrés. C’était vraiment une excellente soirée.

Bref, l’escalator nous porte et il dit « je m’en referais bien quelques tours, ça fait très longtemps que je ne suis pas monté là-dessus ». Je le regarde, il sourit. Après avoir parlé ce soir de son incapacité à ressentir des sentiments, de son besoin démesuré de contrôle, de cette incapacité à lâcher-prise, pendant un court instant, ses yeux sont ceux d’un enfant.

Et puis bêtement au lieu de lui attraper la main en disant allez on y va, on fait des tours, je réponds vas-y fais-le je te regarde. Quand on arrive en bas, personne ne remonte sur l’escalator, la caisse est là, je paie. L’enfant s’est de nouveau caché derrière les murailles.


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