Le petit mec se réveille tôt, le monde lui appartient.
Le petit mec marche comme un éléphant et fait résonner ses pas lourds jusqu’à la chambre de ses parents avant de glisser sa tête dans l’entrebâillement de la porte pour voir s’il peut se hisser dans le grand lit.
Le petit mec parle sans interruption dès qu’il s’est installé sous la grande couette chaude et blotti contre sa maman.
Le petit mec met son pyjama et demande à ce qu’on lise ses mangas Pokemon avant le petit-déjeuner. Il n’a pas envie de manger, il n’a pas faim et manger, ça fait moins de lecture avant de partir. Il accepte un peu de beurre de cacahuètes Nu3 avec de la pâte au chocolat Bonne Maman. Seulement ça. A la cuillère.
Le petit mec se déshabille, court tout nu partout les bras en l’air, dévoilant des tablettes de chocolat très bien dessinées pour cet âge, accepte en renâclant de se brosser les dents mais seulement si on lance l’application avec les castors qui chantent, nom d’un petit castor. Il ne veut pas ces chaussettes-là, elles grattent.
Le petit mec a oublié qu’on devait lire Pokemon, il fait le singe. Il est déjà l’heure de partir mais quoi ? On n’a pas continué Pokemon ?
Le petit mec râle parce qu’on lui demande de mettre un pull, il n’aime pas les pulls. Il ne veut que sa petite doudoune.
Le petit mec a froid en attendant le bus, il y a du vent, on l’avait pourtant prévenu. Exceptionnellement il demande à mettre ses gants.
Le petit mec monte dans le bus sans un au revoir ni un bisou mais fait quand même un petit coucou quand il est assis et a enlevé son sac à dos.
Le petit mec rentre avec le bus. Quoi ? On doit encore manger ? Il ne veut pas de riz, il en reçoit quand même, avec du gruyère râpé, pour la motivation. Il ne veut pas de poisson, personne ne lui en a proposé. Il croque dans une tranche de salami mais malheur il y a du poivre. Ce n’est pas du poivre. Ce sont des graines de fenouil. Papa a acheté ça, quelle drôle d’idée connaissant le petit mec.
Le petit mec remarque les nouveaux ongles de maman. Ça brille, il dit que c’est beau.
Le petit mec ne veut pas faire de sieste mais veut bien faire un repos. De toute façon son copain doit arriver bientôt. Son copain est en retard. Le petit mec critique les parents de son copain. Il s’installe sur sa maman pour lui commenter un livre sur les chevaliers alors que maman a demandé un petit moment calme. Maman est naïve. Le petit mec trouve que le Moyen-Âge c’est cool mais nul quand même parce que la guerre et la mort.
Le petit mec s’est assis sur le rebord de fenêtre pour voir si son copain arrive enfin. Il soupire. Le temps est long.
A peine son copain arrivé, ils se disputent. Les petits mecs ne veulent pas jouer au même jeu ni au même étage de la maison. Les petits mecs ont trop de choix dans leurs vies.
Les petits mecs râlent parce qu’on va toujours au même endroit faire de la trottinette. Et une fois qu’ils y sont, ils s’élancent et la campagne est à eux. Ils oublient qu’ils ont dit que c’était nul. Les petits mecs se disputent parce que l’un va plus vite que l’autre.
Les petits mecs ont faim. Ils mangent dans la voiture, sur la route pour le tae-kwondo.
Maman met en garde les petits mecs avant d’ouvrir les portières en rappelant que c’est un parking et qu’il y a des voitures. Les petits mecs disent oui oui bien sûr et se jettent hors de la voiture en courant. Heureusement il n’y a pas de voiture donc pas d’accident.
Les petits mecs courent partout parce que la salle n’est pas encore ouverte. Un petit mec avec sa grand-mère les regarde avec envie mais s’il tente de les rejoindre, il se fait rappeler à l’ordre. La grand-mère a l’air épuisée.
Les petits mecs se changent dans le vestiaire et partent sans dire à tout à l’heure dans la salle. Maman admire l’entraineur qui va gérer des petits mecs et des petites gonzesses pendant une heure. Le pauvre. Maman lit dans la voiture, au soleil, la fenêtre ouverte.
Les petits mecs veulent rester en tenue de sport. Ils ont encore faim. Ils ne racontent pas ce qu’ils ont fait au sport. Ils ne se rappellent plus disent-ils. Ils ont probablement été punis.
Les petits mecs s’installent à table en criant. Ils mangent des biscuits. Le deuxième ajoute une tartine au beurre, une tranche de saucisson, du gruyère à son gôuter.
Les petits mecs veulent bien colorier. Mais finalement quand maman redescend les escaliers, l’un boude et l’autre a l’air penaud. L’histoire semble bien compliquée. Mais plus personne ne veut jouer à quoi que ce soit, ni lire, ni sortir.
Papa rentre et ça donne une bouffée d’oxygène à une situation qui s’enlise. Finalement tout le monde joue à Familoup. Puis un petit mec boude encore. Vive le changement d’heure printanier. La maman de l’autre arrive et le petit mec se retrouve seul. Il regrette quand son copain était là. Et oui.
Le petit mec a les yeux qui papillonnent. Il a du mal à manger, il n’a pas faim, il s’endort dans son assiette.
Le petit mec rejoint son lit, serre son doudou chat et ferme les yeux. Une nouvelle journée bien remplie l’attend demain.
Merci de partager avec nous ces doux instants. Epuisants évidemment, mais qui nous remplissent néanmoins comme peu d’autres choses.profitez en ils grandissent tellement vite
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C’est tellement ça ! J’adore 🙂 Qu’ils sont précieux ces moments d’enfance.
Aurélie.
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Bonjour,
C’est amusant car en lisant cet article, moi je ne ressentais pas de sentiment d’émerveillement de la part de l’auteur, plutôt de la fatigue qui ressort, avec l’amour maternel en arrière plan qui fait que la maman du petit mec, elle ne regrette rien et elle fait tout ce qu’il faut, mais bon quand même des fois…
Ben quand même des fois un enfant qui mange ou qui dort le matin ou qui serait plus facile à vivre émotionnellement… Voir les 3 !! Oui parfois on se dit que ce serait plus facile quand même…
Mais c’est sans doute ma fatigue personnelle qui ressort et qui a coloré la lecture 🙂
Merci pour votre article ! Votre blog m’a permis il y a 2 ans de relativiser sur les difficultés à faire manger mon fils au début de sa vie… Ça m’a fait du bien !
Gaëlle
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