Légèreté

Pause de midi, pendant cette formation où j’ai l’impression de ne rien comprendre. Je pense même que parfois je dors les yeux ouverts et je me demande bien comment je pourrais avoir mon examen à la fin.

J’ai choisi une salade, une boisson et puis je me suis installée sur la terrasse de la cafétéria de l’hôpital de Lausanne. L’endroit est agréable. Le grand self est vitré. Le regard porte loin. Je suis un peu perdue dans mes rêveries. Quelqu’un s’approche et je fais signe que oui il peut prendre la chaise. Mais en fait, il demande s’il peut s’asseoir. Nous nous sommes déjà rencontrés.

Il est français lui aussi. Sa femme et lui se sont installés à Lausanne. Nous discutons un peu de la complexité de la reconnaissance de diplômes, de son choix d’avoir prolongé en quelque sorte son internat ici pour une reconnaissance meilleure que la mienne. Moi ,je n’aurais pas eu le courage de redevenir salarié je crois. Malgré les récents évènements sur les tarifications auxquelles nous n’avons plus le droit car nous sommes moins bons que les suisses apparemment.

Un point sur lequel nous sommes d’accord est la qualité de vie. Il compare ses journées ici à celles d’un cabinet en France et il rit, tout comme moi. Nous parlons de ses prochaines vacances, de la possibilité d’avoir des soirées après le travail, des conditions d’exercice. Et puis nous regardons autour de nous, cette terrasse, la vue, l’impression de légèreté malgré l’air chaud de l’été, les gens en blouse attablés qui prennent leur temps, des patients avec leurs pansements ou leur pied à perf’. Je me dis que tout ici a l’air conçu d’abord pour les gens et le bâtiment a été fait autour de cette idée. Je me souviens de mes études à Rouen, de l’ancienneté des bâtiments, du gris-marronâtre sale des murs. Je me souviens quand ils ont construit la nouvelle aile. De nouvelles urgences, de cette impression qu’elles étaient déjà trop petites alors qu’elles étaient neuves, de la sensation d’étriqué que j’y ressentais alors. Un bâtiment conçu sans réfléchir à la qualité de vie des gens qui y travaillent ou qui y sont hospitalisés. Une autre vision.

J’ai l’impression qu’ici on respire.


2 réflexions sur “Légèreté

  1. C’est joli de lire un texte si agréable sur un lieu si connu et depuis si longtemps, merci ! mes premiers souvenirs remontent à il y a 30 ans… Quand ma mère y était hospitalisée, puis mon frère quelques années plus tard… Puis j’ ai fait ma formation … Et puis ma fille qui a malheureusement fait la connaissance du 11eme (et du 5ème). .. Heureusement tout ce petit monde va bien et a été bien soigné 😉

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