Ensoleillé

Je garde de l’Islande des souvenirs émerveillés.

Des rivières, des lacs. Des cascades, des cascades immenses, gigantesques, des tonnes et des tonnes d’eau se déversant de hauteurs diverses.

Des maisonnettes en terre. Aux toits d’herbe. Aux intérieurs bas de plafond.

Des routes qui n’en finissent pas, qui contournent des fjords, inlassablement. Et depuis lesquelles on voit parfois brouter des rennes sur les bas-côtés.

La maison du Père Noël.

La mer. Glaciale. Violente. S’écrasant brutalement contre des falaises noires déchiquetées. Faisant jaillir des nuages de gouttes.

Du vert brillant. De l’herbe à la couleur unique. Que broutent des moutons impassibles.

Des soupes de poissons. Des plats de poissons. Plein de poissons.

Des oiseaux, de toute sorte. De toutes tailles, de toutes couleurs. Des canards. Des oies. Des mouettes criantes. Des sternes agressives. Des macareux, noirs, à l’œil sombre entouré de blanc.

Des baleines. Des phoques.

Des immensités de sable. Vierges de toute trace de pas.

Des panneaux aux noms de villes imprononçables.

Des bacs d’eau chaude aux abords des chemins de randonnée. Chauffés par le sol. Si agréables.

Des lupins en fleurs, violets, à perte de vue.

Le sol chaud sous les pieds, craquelant parfois et laissant d’échapper des fumées blanches.

Des geysers. De l’eau qui jaillit du sol après avoir formé un bouillonnement en coupole. Au milieu de champs aux fleurs jaunes.

Des marmites de boue bouillonnante dans un sol d’un orange brûlant.

De la glace et de la neige. Tranchant sur la lave durcie. Ou sur les sommets, ou dérivant dans des étendues d’eau, dont parfois sort la tête d’un phoque.

Le goût de l’huile de foie de morue.

Des orgues de basalte. Montant majestueusement vers le ciel. Ou formant un tapis au sol, aux motifs hexagonaux.

Des bains thermaux d’un bleu doux. Ou il faut se tartiner de boue avant de se tremper.

Des ports. Des bateaux.

Mais surtout tous ces souvenirs sont ensoleillés et chaleureux.

Alors que…

Alors qu’en regardant l’album, je vois nos corps couverts de vêtements, de bonnets, d’écharpes, de gants. Oh en cherchant bien, oui, il y a bien deux jours de soleil au milieu. Mais tout le reste sent le froid, l’humidité, la dureté du climat.

J’avais longtemps rêvé de l’Islande, pays de légendes et des elfes. Mes souvenirs se sont organisés et ensoleillés, comme à travers un prisme. Le prisme du soleil dans le cœur.

La mémoire est un phénomène délicieux.


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